Opinion : N’ayez pas si peur de l’agriculture biologique

Quelle pourrait donc être la raison pour laquelle la ministre néerlandaise de l’agriculture Carola Schouten réfère constamment à la durabilité dans ses documents stratégiques, alors que le terme « agriculture biologique » est soigneusement évité ?

D’ici dix ans, 25% de l’agriculture européenne doit être biologique. En mai, la commission européenne a publié une nouvelle stratégie agricole pour assainir le système alimentaire européen, le rendre plus  conscient socialement et plus durable pour les humains, les animaux et l’écosystème. Elle a clairement exprimé son engagement envers l’agriculture biologique.

Cela montre que Bruxelles a des convictions plus fortes que le gouvernement néerlandais. En 2018, la ministre Carola Schouten a présenté une vision agricole durable pour 2030, qui pour l’essentiel exprime les mêmes objectifs. Dans son document de 21 pages, cependant, les mots « agriculture biologique » n’apparaissent qu’une fois. A la place, Mme Schouten opte pour un « système agroalimentaire circulaire ».

Un mot qui fait peur

Alors qu’est-ce qui effraie les gens dans le mot “bio”? Si l’on regarde les meilleures pratiques agricoles européennes, mises en avant par les autorités nationales et régionales, on constate immédiatement que 75 % de ces cas sont biologiques.

Avec seulement 4,1% de superficie en bio, les Pays-Bas sont très en retard sur le reste de l’Europe.

Nous lançons ici le défi à la ministre Schouten de faire un choix en lui demandant de donner du sens au mot « circulaire ». L’Europe est très claire sur ce que cela veut dire concrètement : 25 pour cent d’agriculture biologique. Faites en sorte d’arrêter que les Pays-Bas soit le vieux tacot durabilité de l’Europe. L’Europe va vous demander votre plan pour passer de 4,1% d’agriculture biologique à 25%. Si vous combinez cela avec une réduction substantielle du bétail, vous résoudrez simultanément la crise de l’azote, assainirez les Pays-Bas et ferez économiser au gouvernement des quantités d’argent considérables, comme l’a calculé le rapport d’étude d’Ecorys (‘Betaalbaar Beter Boeren’, 2020) en janvier 2020.

Mme Schouten, il vous reste à peine moins d’un an pour garantir qu’en 2030, nous pourrons regarder en arrière et voir la crise du Covid-19 comme le point de départ d’une agriculture circulaire, durable, solide, complète, saine, multifonctionnelle, respectueuse du climat et des animaux, conservatrice des paysages, en bref : biologique.

Volkert Englishman est le PDG d’Eosta. Jeroen Smit est journaliste et écrivain.

Source: de Volkskrant 19 juni 2020 / Opinie Duurzaamheid

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