Chris van der Sterre

Ekodorp

et je cultive des choux de Bruxelles bios avec mon épouse Nel sur notre exploitation dénommée “Ekodorp”. Comme beaucoup d’autres endroits aux Pays-Bas, cette région était située sous le niveau de la mer, c’est pourquoi nous pouvons cultiver nos légumes dans une argile marine riche. En plus des choux de Bruxelles, je produis également des pommes de terre et des oignons. Par ailleurs, nous prenons soin sur l’exploitation de dix chevaux appartenant à des gens des alentours.

Je cultive des choux de Bruxelles depuis 1978 alors que j’avais 18 ans. En tant que fils d’exploitant, c’était un moyen idéal de me faire un peu d’argent pendant mes études. Après avoir travaillé 35 ans en conventionnel, j’étais mécontent de la tournure que prenaient les choses et je voulais arrêter complètement. Cependant, pendant une période de réflexion, j’ai commencé à penser à cultiver de façon biologique. L’agriculture biologique est bien plus difficile et c’est ce nouveau défi qui m’a tant attiré.

Donc à présent, pour la première fois, je cultive mes choux de Bruxelles sur un bout de terrain qui appartient à un de mes amis, également producteur laitier bio.

Pour moi, la plus grande différence entre l’agriculture bio et non bio est la manière de gérer les insectes et les nuisibles. Pour un exploitant conventionnel, il est normal de vaporiser dix fois par an, trois produits chimiques différents à chaque fois. Dans l’agriculture biologique, on doit travailler avec la nature et l’on dépend des « insectes amis » comme les guêpes parasitoïdes et d’autres prédateurs naturels. Je vais souvent dans le champ pour vérifier le développement de la population de syrphes. C’est important car cette espèce de mouche mange les larves des choux. Pour être franc, je n’avais jamais remarqué ces insectes lorsque je cultivais de façon conventionnelle, un monde complètement nouveau s’est donc ouvert à moi ! J’envisage maintenant de produire aussi d’autres cultures en bio.

De façon générale, il y a toujours une période de conversion avant de devenir un agriculteur bio certifié. Pourquoi cela n’a-t-il pas été le cas pour vous ?
Lorsqu’un producteur conventionnel se convertit au bio, la période de transition est de 2 ans. J’ai eu la chance de louer un bout de terrain à un producteur laitier bio qui cultive de l’herbe en bio depuis plus de 10 ans pour ses vaches. Le terrain que j’utilise est donc déjà certifié biologique mais, plus important encore, le sol y est sain et a une superbe structure.

Comment pouvez-vous dire que vous disposez d’un sol sain ?
Un des signes les plus importants que le sol est sain est la quantité de vers présents, surtout les lombrics . Ces créatures incroyables creusent verticalement et ainsi, grâce à ces tunnels pour vers, le sol est bien drainé. En septembre, nous avons eu beaucoup de pluie et c’était surprenant de constater la différence entre mon champ, qui était normal, et les champs de pommes de terre non bios des voisins en partie inondés. Lorsque votre champ est inondé les racines pourrissent et vous pouvez tout jeter… voilà pourquoi ces vers sont si importants.

Rencontrez-vous beaucoup de problèmes avec les nuisibles ?
Pas vraiment, la mite du chou est normalement une grande menace mais jusqu’a présent, je n’ai pas eu beaucoup de soucis avec elle, pour la simple raison que cet insecte a de nombreux ennemis naturels. J’observe un équilibre naturel avec les insectes : lorsque nous avons plus de larves, nous voyons la population de syrphes, qui se chargent des larves, augmenter. Pour la première fois, j’ai remarqué des perdrix dans mon champ, vous pouvez en conclure qu’elles trouvent des insectes ou des escargots pour se nourrir. Les faisans adorent aussi les escargots mais malheureusement ils apprécient aussi beaucoup un jeune chou bio… il semblerait qu’ils soient également préoccupés par leur santé et qu’ils veulent quelques légumes avec leur viande !

Constatez-vous également une différence entre les marchés des choux de Bruxelles bios et conventionnels ?
Tout à fait. Les choux de Bruxelles conventionnels doivent être absolument parfaits. 95% ce n’est pas assez… on doit être à 100%. Mais pour passer de 95% à 100%, vous devez vaporiser 50% de produits chimiques en plus !!! Les choux ont alors l’air parfait mais vous trouverez 5 produits chimiques différents dessus. En bio, 95% suffisent… de plus le goût et le côté sain sont autant importants.

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